Journal Resistance Sociale n° 198
Décembre 2020

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 : L’édito / p. 2 : lnternational / p.3 à 6 : Place au débat (Le Conseil d’orientation des Retraites) / p.7 et 8 : Déclaration des enseignants d’un lycée d’Ile-de-France à leurs élèves à la suite de l’assassinat de Samuel Paty

L’édito de Marinette Bache

Qu’est-ce que la gauche ?

Pourquoi est-ce que je pose cette question ? Mais parce qu’elle est cruellement d’actualité quand certains voudraient imposer comme « progressiste » la division entre les individus au nom de leur sexe, de leur prétendue race ou de leur supposée religion, quand, au nom de la modernité, on a, depuis plus de 40 ans maintenant, détricoté méthodiquement tout ce qui permettait à chacun, quelle que soit sa fortune, d’avoir accès à la vie citoyenne, économique et sociale.

La gauche, c’est donc d’abord le respect du citoyen. De l’Homme (homme ou femme) élevé -au sens littéral- dans la raison et ainsi capable par le savoir qu’on lui a transmis de développer une réflexion personnelle en dehors de tout dogme, une réflexion libérée de tout ghetto « culturel » d’origine ou/et imposé.

La gauche, c’est de permettre à chacun de vivre de son travail, sans avoir de craintes vis-à-vis des fins de mois, sans que ce travail avilisse ou rendre malade. C’est de faire que la loi veille à instaurer des rapports professionnels corrects et un salaire décent et non remis en question. C’est aussi de promouvoir l’accès de chacun au repos et aux loisirs.

La gauche, c’est que la communauté nationale, la seule reconnue par tous, prenne en charge ceux qui sont la proie de difficultés passagères ou durables. Que ce soit pour la maladie, le handicap ou la perte temporaire d’emploi. Et qu’une vieillesse confortable et à l’abri du besoin soit possible. La gauche, c’est que chaque enfant, chaque adolescent, chaque jeune, garçon ou fille, ait accès à une éducation laïque, obligatoire et gratuite. Une école exigeante et de qualité.

La gauche, c’est que le libre débat puisse avoir lieu et les idées se bousculer sans la menace du dogme, de la bien-pensance ou de l’accusation de blasphème.

La gauche, c’est tout ça… et bien autre chose, mais d’abord tout ça.

La gauche, c’est la Liberté, l’Égalité et la Fraternité.

Mais cette gauche n’existe pas si elle en reste aux intentions et aux belles paroles.

La vérité de la gauche se mesure à son courage.

Une gauche qui se soumet aux lois du capital, aux volontés des puissants au prétexte « qu’on ne peut pas faire autrement » n’est pas la gauche.

Une gauche qui a peur d’elle-même, qui oublie ses racines républicaines et socialistes n’est pas la gauche.

Une gauche qui n’a pas le premier souci des besoins et aspirations du peuple plutôt que des sollicitations et quémandages des élites n’est pas la gauche. Une gauche qui adopte les façons de penser et d’agir de ses adversaires n’est pas la gauche.

Car la gauche se reconnait à travers les outils qu’elle se donne pour être à la hauteur de ses devoirs et des espérances.

Un État, outil de planification, de perspectives, facteur d’égalité territoriale avec des transports collectifs modernes et respectueux de l’environnement, desservant l’ensemble de nos communes, des services publics nationaux forts et implantés dans tous les territoires, une puissance publique organisant la relocalisation de nos industries et de nos emplois y compris sous son contrôle direct, en prenant en compte les divers intérêts économiques, sociaux et environnementaux de la population. (...)

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Transports en Île-de-France

Nouvelle mobilisation le 17 décembre

Stop au dépeçage de la RATP ! Non à l’ouverture à la concurrence !

https://www.cgtparis.fr/2020/12/10/transports-en-ile-de-france-non-a-louverture-a-la-concurrence/

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Retraites : le retour ? C’est non pour FO
(Extraits de l’interview d’Yves Veyrier sur LCI le 30 novembre dans l’émission « Ça donne le ton », présentée par Marie-Aline Meliyi)

Marie-Aline Meliyi : Que répondez-vous à Bruno Lemaire, qui estime que la réforme des retraites est indispensable pour compenser les milliards d’euros dépensés à cause de la crise du Covid-19 ?

Yves Veyrier : C’est choquant car, encore une fois, le sentiment est qu’on veut faire payer le coût des dispositifs de la crise sanitaire aux salariés, sur leurs droits à la retraite. Et aux générations à venir, pour le coup ! On nous dit c’est dur d’avoir 20 ans en ce moment, mais en ajoutant c’est vous qui paierez plus tard parce que vos droits à la retraite seront plus difficiles à acquérir et seront de moins bon niveau… Nous n’avons cessé de réclamer que les aides publiques soient mises sous condition, qu’elles soient contrôlées et quand les conditions ne sont pas respectées, que soient sanctionnées les entreprises fautives. L’un d’entre vous a dit : On risque de faire venir en loucedé la réforme systémique. Mais c’est la réforme systémique qui faisait venir en « loucedé » le recul de l’âge pour bénéficier d’une retraite correcte. Avec cet âge pivot, qui devait passer de 63 ans à 64, puis 65 ans. Alors que l’on nous avait assuré que cette réforme systémique n’avait pour objectif ni de faire des économies, ni de toucher à l’âge !

Journal Resistance Sociale n° 197
Novembre 2020

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 : L’édito / p. 2 : lnternational / p.3 et 4 : Place au débat (Budget de la santé) / p.5 à 7 : Actualité sociale (Sécurité sociale ; plans sociaux) / p.8 : Coup de gueule ; Avez-vous remarqué ? (Quand Élisabeth Borne pronostique une baisse du chômage en 2021)

L’édito de Marinette Bache

Si cette loi était vraiment une tentative de lutter contre le terrorisme islamiste, on la regarderait avec attention bien que ce gouvernement n’est pas le mieux placé pour le faire et qu’on ne peut avoir aucune confiance en ceux qui ont créé toutes les conditions pour que l’islamisme se développe dans des quartiers abandonnés par les outils de la République. Mais la proposition de loi LREM dite « sécurité globale » est d’abord l’occasion de rogner la liberté d’expression -qui fait pourtant tant peur aux intégristes !- par l’article 24 qui prévoit d’interdire la prise et la diffusion de photos montrant des policiers outrepassant leurs droits et/ou faisant preuve de violence. Nous avons tous à l’esprit la répression contre les « Gilets jaunes ». Faire bastonner le populo par des forces de l’ordre à la solde des riches serait la mission de notre police ? Et pendant ce temps on laissait les black-blocs casser à l’aise pour discréditer tout mouvement de contestation. Ce n’est pas la tradition française. La police, majoritairement républicaine, a, au contraire, tout à gagner que ses éléments réactionnaires, violents et racistes soient clairement dénoncés. Et punis.

Mais la méthode du gouvernement n’est pas nouvelle. De la même façon, il s’est servi des lois d’urgence liées à la pandémie pour rogner les droits des salariés et mettre au pas la société française. Le droit de manifester a encore récemment été mis en cause comme le démontrent les mesures prises contre les citoyens et salariés qui s’opposaient, ô combien justement, à la fermeture de l’hôpital Hôtel-Dieu à Paris.

La loi sur la recherche votée il y a quelques jours va même jusqu’à remettre en cause la tradition séculaire pour les étudiants de s’exprimer dans les universités.

Après les atteintes successives au Code du travail (ANI, refonte de la représentation des salariés et suppression des CHSCT en 2014, loi Macron en 2015, loi El Khomri en 2016, ordonnances Pénicaud en 2017) la 1ère loi urgence-covid et les ordonnances de mars 2020 ont mis à mal un peu plus les droits des salariés. L’été a permis aux libéraux qui nous gouvernent de rechercher comment faire mieux (pire !). Le 1er ministre s’y est engagé devant le MEDEF : « Des mesures de simplification ont été adoptées pendant la crise sanitaire par ordonnances ». Puis « ces dispositions seront prolongées, amplifiées et, si possible, pérennisées, qu’il s’agisse du droit du travail et de la formation professionnelle ». Rien que ça ! Rappelons-nous l’invention des « contrats de mission », le rêve du patronat : je te prends, je te jette…

Et pointe son nez la retraite à 63 ans, votée par la droite du Sénat ! La collusion entre le macronisme et la droite apparait de plus en plus clairement.

Pendant ce temps, les entreprises du CAC40 font leur beurre et chouchoutent des actionnaires de plus en plus exigeants… que l’on satisfait : en 20 ans les dividendes distribués ont augmenté de 269% ; ça n’a pas été le rythme des salaires. Pendant ce temps des entreprises ferment ou licencient : Bridgestone, Danone, Nokia, Auchan… Des milliers de familles sont précipitées dans la pauvreté. Je vous invite à consulter les rapports et les alertes du Secours populaire, des restos du cœur ou du Secours catholique. (...)

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Le Conseil d’État déclare illégal l’essentiel de la réforme de l’assurance chômage

Le gouvernement avait décidé par des décrets s’appliquant au 1er novembre 2019 de baisser gravement les droits des chômeurs indemnisés et même de supprimer les allocations à nombre d’entre eux.

La CGT, Solidaires, CGC et Fo avaient saisi le Conseil d’État contre ces décrets ; ainsi que le Medef et plusieurs fédérations patronales pour des raisons diamétralement opposées.

Déclaration publiée dans le journal RESO n° 198, décembre 2020
Publiées dans le journal RESO n° 198, décembre 2020
Edito de Marinette Bache, journal RESO n° 198 - Décembre 2020
Par Jean-Claude CHAILLEY - Journal RESO n° 198, décembre 2020
Par Jean-Claude CHAILLEY - Journal RESO n° 197, novembre 2020
Par Sébastien GROB - Journal RESO n° 197, novembre 2020
Octobre 2020
Communiqué commun
Par Aude BERRI - Journal RESO n° 196 - Octobre 2020
Par Yves LAOT - Journal RESO n° 196 - Octobre 2020
Par Pierre MESCOFF - Journal RESO n° 196 - Octobre 2010
Par Béatrice MULLIE - Publié dans le journal RESO n° 196 - Octobre 2020
Publié dans le journal RESO n° 196 - Octobre 2020
Edito de Marinette Bache, journal RESO n° 196 - Octobre 2020

REsistance SOciale
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Marinette BACHE