Gloire au peuple grec !
"Coup de gueule" de Charles-Henri LABATIE publié dans le n° 104 (mai 2012) du journal REsistance SOciale

Une fois l’émotion des législatives grecques passée, les thuriféraires de l’ordre établi écumèrent tous les plateaux télévisés.

Pourquoi étaient-ils émus ? C’est simple, le schéma, idéal pour eux, se dessinait partout en Europe : une gauche « obligée » de choisir l’austérité, donc rompant avec son électorat, une extrême droite par conséquent très haute, une droite qui, pour gagner, emploie une phraséologie nationaliste, xénophobe, quasi raciste, mais « assume » l’austérité et l’ultra-libéralisme et triomphe par défaut.

Mais voilà...

Journal REsistance SOciale n° 104
Mai 2012

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 et 2 : L’édito / p.2 : Solidarité internationale / p.3 à 6 : Place au débat / p.7 : Actualités sociales / Les bras m’en tombent ! / Notes de lecture / p.8 : Coup de gueule

L’édito de Marinette Bache :

François Hollande est le nouveau président de la République. Au nom, je crois, de l’ensemble de Résistance Sociale, de ses adhérents, de ses sympathisants, de ses réseaux, je peux dire que nous nous réjouissons que Nicolas Sarkozy ait été « dégagé » par les urnes et que la gauche soit en passe, après les législatives, de renouer avec le pouvoir.

Si le Président des riches et de la finance avait été reconduit, la fin de sa campagne l’a clairement démontré, c’eut été, au sens littéral, la fin de la République.

Conscient qu’il allait se faire « licencier », Nicolas Sarkozy a, en effet, dévoilé sa nature profonde : celle d’un véritable réactionnaire.

Ses déclarations sur le « vrai » travail, son mépris revendiqué pour les corps intermédiaires, comme les insultes d’un Guaino parlant de « 1er mai des permanents syndicaux », nous ramenaient aux heures sombres de notre Histoire comme à celle de toutes les dictatures, où l’éloge des corporations et la collaboration de classes sont préférées à la célébration de la lutte des travailleurs et de leur solidarité internationale. Et où le défilé du 1er mai est soit interdit soit récupéré. Les travailleurs et leurs organisations ont su lui donner la seule réponse méritée : 750 000 personnes dans les rues ce 1er mai 2012 !

Je veux également revenir sur cette vaine tentative de manipulation d’opposer le drapeau tricolore et le drapeau rouge. Faut-il rappeler au candidat sorti que, l’Histoire de France nous le démontre, de 1848 à la Résistance en passant par la manifestation de Fourmies le 1er mai 1891, c’est tant au nom du Mouvement ouvrier qu’en défense d’une France libre, égale et fraternelle, que s’est toujours levé le Peuple français ? Pendant longtemps et avant d’essayer de phagocyter les trois couleurs, l’extrême droite française, certes n’aimait pas l’Internationale, mais aussi préférait « Maréchal, nous voilà » à la Marseillaise !

Plus prosaïquement, il est quand même fort le café, quand Nicolas Sarkozy, dont la fortune a augmenté de 30 % depuis qu’il est au pouvoir, se permet de demander aux Français d’abandonner l’un de ses drapeaux pour « servir la France », lui qui n’a jamais servi que lui-même et ses amis.

Exit donc Sarkozy : ça, c’est fait !

Et il reste tout à faire. La valeur de cette élection, c’est justement d’ouvrir les portes au possible.

A condition de ne pas tout déléguer aux politiques. En effet, si nous sommes en droit d’espérer un changement sur de nombreux grands axes, il nous reste cependant, au vu du programme et des déclarations du nouveau président, quelques inquiétudes et des points sur lesquels nous sommes en opposition.

D’abord, comment ne pas se réjouir lorsque François Hollande, devant la foule rassemblée à la Bastille, déclare vouloir, au nom de la souveraineté populaire, en finir avec la politique d’austérité ? Comment ne pas se réjouir lorsqu’il remet l’école publique au cœur de la reconstruction d’un avenir pour notre jeunesse ? Quand il affirme vouloir séparer les activités des banques pour l’investissement et l’emploi de leurs activités de spéculation ? Quand il prévoit une tranche d’imposition à 75% ? Quand il préconise la suppression des exonérations sur les heures supplémentaires ou l’imposition des revenus du capital à la hauteur de ceux du travail ? Ou de se servir de la fiscalité pour « relocaliser » les entreprises ?

Comment ne pas se réjouir lorsque Ségolène Royal déclare que « les banques commandaient, qu’elles vont devoir obéir » ?

Tout cela tourne clairement le dos à la politique menée en faveur des privilégiés depuis 5 ans. Tout cela participe d’un nouveau souffle. (...)

Après les élections présidentielles : CE N’EST QU’UN DEBUT...
Communiqué de Résistance Sociale

CE N’EST QU’UN DEBUT …

L’élection de François Hollande permet de tourner la page d’un quinquennat qui mit à mal nos services publics, nos normes sociales, notre cohésion nationale, vilipenda les plus faibles et stigmatisa nos organisations syndicales.

L’annonce faite par le nouveau Président de vouloir en finir, au nom de la souveraineté populaire, avec la politique d’austérité, nous réjouit.

La première étape a été remplie : chasser le président des riches et de la finance.

La seconde nous attend : donner une majorité de gauche à l’Assemblée nationale. Résistance Sociale, appelle d’ores et déjà nos concitoyens à soutenir au premier tour les candidats de gauche qui ont, par leur engagement, démontré leur capacité à comprendre et à œuvrer pour le monde du travail.

Cependant, l’histoire nous a appris que dans la foulée de la prise du pouvoir par la gauche, aucune politique de progrès, aucune avancée sociale et démocratique durable, ne peuvent avoir lieu sans la mobilisation des forces sociales.

Car réorienter la richesse de la bourse vers le travail, même avec une nouvelle majorité disposant de la meilleure volonté du monde, ne se fera pas sans heurts : les milieux financiers et patronaux ne se laisseront pas départir du moindre privilège sans combattre. La lutte des classes, eux, la pratiquent sans vergogne. Alors que les Français viennent de se prononcer pour la relance économique, contre l’austérité et la politique de « réformes structurelles », la droite, les marchés financiers, la troïka, le MEDEF sont prêts à tout pour « flexibiliser le travail ».

Il nous faudra donc, tout d’abord, relayer la volonté de celles des forces syndicales qui souhaitent insuffler une mobilisation sociale d’ampleur. Bon nombre de cadres syndicaux, dans la quasi-totalité des organisations, l’attendent et se réfèrent à 1936. Nous appelons donc nos adhérents, nos sympathisants et nos réseaux à faciliter, là où ils se trouvent, les possibilités d’un tel objectif. Ensemble, nous devrons convaincre les organisations de progrès, à commencer par celles dans lesquelles nous militons, qu’une mobilisation d’ampleur est souhaitable et doit avoir lieu le plus rapidement et le plus unitairement possible.

… CONTINUONS LE COMBAT !

Résistance Sociale – 7 mai 2012

Journal REsistance SOciale n° 103
Avril 2012

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 : L’édito / p.2 : Collectif « Notre santé en danger » : socle commun / p.3 à 7 : Place au débat : Impact de la crise et de l’austérité sur les femmes / Sauver et reconquérir la Sécurité sociale / p.8 : Actualités internationales / Les bras m’en tombent !

L’édito de Marinette Bache :

Ainsi donc le verdict des urnes est tombé. Le candidat social-démocrate atteint presque les 29 %, celui du Front de gauche fait le score tant attendu de 2 chiffres à un peu plus de 11 %, même si les derniers sondages laissaient espérer mieux. La droite dure se maintient, avec le président sortant, à plus de 27 % tandis que la droite chrétienne-démocrate ne réussit pas sa percée à 9 %. Le score de Le Pen, à plus de 18 %, démontre d’une part que « le ventre est toujours fécond d’où est sortie la bête immonde » mais aussi, et cela doit nous porter à réfléchir, qu’une partie du peuple français, parmi les plus défavorisés, se sent encore tellement exclue de la société qu’elle préfère choisir un vote de rejet à un vote d’avenir.

Maintenant, l’urgence est de virer Sarkozy. Résistance Sociale, qui respectait au 1er tour les choix de chacun de ses membres, appelle, pour le 2ème tour, à se mobiliser pour battre le président sortant.

La perpétuation à l’Élysée de la droite dure et sans complexe qu’il représente serait une catastrophe pour notre pays et son peuple. Inutile de rappeler tout ce qu’il a détruit en 5 années d’un règne méprisant pour ceux qui essaient de vivre de leur travail : privatisations, dérégulations, baisse du pouvoir d’achat, casse du droit du travail, remise en cause de la protection sociale, de l’accès aux soins, de la retraite à 60 ans pour tous, remise en cause de l’école publique et laïque, etc.

Un nouveau quinquennat de Sarkozy risquerait de marquer définitivement la fin de la France issue du Conseil national de la Résistance. La priorité est donc claire en cette préparation de 2ème tour : il faut battre la droite.

Bien évidemment, cela ne suffira pas. L’Union européenne fourbit de nouvelles armes antisociales : renouveau de la directive Bolkestein, instauration d’un salaire minimum différencié, remise en cause du droit de grève. Sans parler des projets du MEDEF et de la « Troïka » (UE/FMI/BCE) et des plans européens d’austérité déjà imposés à la Grèce et au Portugal, mais prévus pour l’Italie, l’Espagne et la France.

Source nouvel obs
source : AFP
source : AFP
Communiqué de la Coordination EAU Ile-de-France
Programme des sorties culturelles organisées par la Coordination EAU Ile-de-France et ses partenaires
Par Christiane MARTY - Article publié dans le n° 103 (avril 2012) du journal RE sistance SOciale
Invitation communiquée par Françoise Nay
ALGER 28 avril 2012
Source : Démosphère
source : AFP
Source Reuters
DISCOURS DE MONSIEUR MERIANE MEZIANE
source : Nouvel observateur

REsistance SOciale
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Marinette BACHE