URGENCE POUR L’HOPITAL PUBLIC : DÉSASTRE SANITAIRE EN COURS

(Appel à l’initiative de la Coordination nationale des hôpitaux et maternités de proximité, signé par Réso, et de nombreuses organisations)

POUR UNE JOURNÉE NATIONALE D’ACTION LE 4 DÉCEMBRE 2021 Avec manifestation à Paris et actions locales, départementales ou régionales

Notre accès à une santé de qualité et de proximité est de moins en moins assuré malgré l’abnégation des personnels. L’hôpital public se désintègre avec partout des fermetures de lits, de services, en particulier d’urgence et de SMUR mais aussi en psychiatrie, en chirurgie, en médecine, en soins de suite …

Le laisser-faire actuel privilégie le secteur privé, avec des conséquences dramatiques pour l’accès aux soins (dépassement d’honoraire, frais administratifs …mais aussi recul de la proximité.)

C’est une catastrophe sanitaire qui s’amplifie. La situation actuelle des hôpitaux a pour conséquence d’accroître les souffrances des malades, des personnes en situation de handicap, et de provoquer une surmortalité. Le renoncement aux soins s’accroît.

Le gouvernement ne peut se contenter de distribuer quelques millions ici et là pour tenter de calmer les esprits.

L’hôpital public est garant de l’accès aux soins de toutes et tous. Nous demandons un plan d’urgence pour l’hôpital public !

– Un choc d’attractivité pour les personnels, par une vraie reconnaissance salariale, par une amélioration de leurs conditions de travail, mais aussi en leur permettant de travailler conformément à leur éthique ce qui suppose de les écouter et de réformer la gouvernance. Il faut changer les systèmes de fonctionnement et de management basés sur des critères de performance et de rentabilité. Il n’y pas de soins sans humanité !

– Un vaste plan de formation, de recrutement et la titularisation des contractuels.

– La réouverture de tous les lits et services fermés et des ouvertures autant que de besoin.

– L’établissement d’une vraie démocratie sanitaire unissant personnels et usagers-citoyens.

Les moyens financiers suffisants doivent en être donnés par une modification du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2022.

Journal RESO n° 208
Novembre 2021

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 et 2 : L’édito / p. 2 : lnternational : élections au Vénézuéla / p.3 à 5 : Place au débat : Urgence environnementale et démocratique sur l’énergie / p.6 : Actualité sociale : Présidentielle et manipulations / p.7 et 8 : Coup de gueule : Le point sur la fiche de paie

L’édito de Marinette Bache

Sous prétexte de nous parler de la « 5ème vague » de la pandémie de Covid, Macron nous a, à nouveau, infligé une longue prestation sous la forme de leçon donnée aux enfants pas sages que nous sommes. L’essentiel, bien sûr, n’était pas dans les mesures sanitaires mais bien dans les annonces socio-économiques qui seront mises en œuvre dans un avenir proche mais également à moyen terme ; horizon élection présidentielle.

A propos d’élection, il ne vous a pas échappé, n’est-ce-pas, que Macron n’est toujours pas candidat, que c’est donc le président qui s’exprime. Il en profite, certes, pour faire sa campagne, mais sans émarger au temps de parole ni au compte financier… puisqu’il n’est pas candidat. Malin. Pas très fair-play mais malin.

Qu’a donc dit le candidat de la droite ultra-libérale, pardon, le président ? Oh, rien de neuf : il a seulement de la suite dans les idées ! D’abord il faut que le Français se remettent au travail. Vous vous étiez aperçu, vous, qu’ils glandaient -et qu’ils aimaient ça ? Heureusement qu’on a un candidat -euh un président- qui veille ! Bon, les organismes internationaux disent le contraire mais tant pis (et Alternatives économiques rappelaient dans un dossier fouillé que seules 5% des offres d’emploi n’étaient pas pourvues faute de candidats tandis que les études européennes rappellent régulièrement que les travailleurs français sont parmi les plus productifs), quand le président parle… il parle et, hélas, même certains salariés le croient. Et Macron d’envisager de couper les allocations chômage à tous ces paresseux. Qu’est-ce qu’ils attendent pour traverser la rue et devenir riches ? X. Bertrand et la droite classique lui emboitent le pas : « Je veux que le net de la fiche de paie se rapproche le plus possible du brut » ; on traduit : « je veux supprimer la sécurité sociale, assurance-maladie, assurance-chômage et retraite ». Oui, aussi la retraite qui reste une des « réformes » -comprendre « casses »- prioritaires du président-pas-encore-candidat.

Et puis il est satisfait de lui et de son bilan. Par exemple, et comme on a pu le constater, tout va bien dans les hôpitaux. Non ? Ah bon ? Manque de personnels médicaux et soignants, manque de lits. Comment s’en étonner après les suppressions de postes hospitaliers du quinquennat succédant à celles des mandats précédents… S’il y a une vraie 5ème vague on a de quoi être inquiet avec des personnels épuisés et qui ont eu pour toute compensation des applaudissements et, aumône indigne, 100€ ! Je n’évoque pas les EHPAD ; certes nos anciens ont prioritairement droit à la 3ème dose, mais pour des soins dignes, ils repasseront dans des établissements où il manque près de 100000 emplois !

Macron, lui, est satisfait. Foin de cette crise, pas seulement sanitaire mais également économique et sociale, qui s’abat sur notre pays ! Foin du chômage qui augmente, des emplois qui se précarisent, du prix de l’énergie qui explose : +50% pour le fioul qui est encore le combustible des campagnes et bientôt l’essence à 2€ nécessaire pour beaucoup aller au boulot. Tout-va-mieux qu’il dit le pas-encore-candidat. (...)

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Journal RESO N° 207

Au sommaire ce mois-ci

p.1 et 2 : L’édito / p. 2 et 3 : lnternational : constitution polonaise et traités européens / p.4 : Place au débat : un an après Samuel/ p.5 et 6 : Actualité sociale : manifestation retraités du 2 décembre/ p.7 : Hommage à Michel Etiévent / p.8 : Coup de gueule : allocation d’adulte handicapé

La campagne présidentielle de Macron est lancée. Et la machine à repeindre en rose la situation économique, sociale, politique… est en marche. Donc ils ont vaincu le chômage. Ils ont réduit les inégalités. Ils ont amélioré les services publics. C’est un début, mais j’oubliais : Macron est le rempart contre l’extrême-droite. Ben voyons. Regardons- y de plus près. Les services publics ? Pour la santé c’est « Le Monde », pourtant organe officiel de la bien-pensance libérale, qui le dit : « Plus de 5 700 lits d’hospitalisation fermés en France en 2020, en pleine pandémie de Covid-19. La crise sanitaire n’a pas interrompu la réduction des capacités hospitalières. Au contraire, elle a en partie amplifié les fermetures. Pour « La Poste », elle n’a plus de service public que le souvenir et une mission que la Société anonyme qu’elle est devenue considère comme un boulet ; le statut précaire de son personnel s’y généralise tandis qu’elle ferme les bureaux de poste. L’énergie ? Privatisation généralisée… avec des tarifs qui explosent (pourtant le leitmotiv de la concurrence c’était bien que ça faisait baisser les prix, non ?). Les transports ? La SNCF ne fonctionne plus que comme une société privée, trains et gares sont supprimés…

Les salaires ? Bloqués ou avec des augmentations ridicules pour ne pas dire insultantes. Et pire : la dernière de 35€ n’est pas une décision gouvernementale mais une revalorisation automatique, prévue par le Code du travail en cas d’inflation supérieure à 2 %. Quant à la valeur du point d’indice qui permet de rémunérer les fonctionnaires, elle est gelée depuis février 2017… La moitié des salariés touchent moins de 1780€ et 7 millions de retraités vivent avec moins de 1000€ mensuels.

Rassurez-vous, Macron qui a dès le début de son mandat été surnommé « le président des riches » fait honneur à son titre. Si les salariés ont laissé des plumes, ce n’est pas le cas des actionnaires qui ont engrangé les profits. Selon Oxfam, les bénéfices de 32 des plus grandes entreprises du monde ont connu un bond spectaculaire de 109 milliards de dollars en 2020. Le droit du travail ? Après avoir subi les attaques que l’on connait (lois El Khomri ou Macron sous Hollande), il a subi de nouveaux coups au prétexte des lois d’urgence Covid. Le travail précaire s’est généralisé et concerne 20% des salariés tandis qu’il y a 19,26% de chômeurs selon l’IREF -qui n’est pas de nos amis ! - et non pas les seuls 8% classés par l’INSEE en catégorie A et auxquels le gouvernement se réfère bien sûr.

Au chapitre des inégalités, il y a aussi l’évasion fiscale dont nous venons de vivre un nouvel épisode avec les « Pandora Papers » qui impliquent, cette fois, des dirigeants gouvernementaux. 11 300 000 000 000 dollars se cachent dans des paradis fiscaux. La France fait partie des cinq pays qui perdent le plus à cause de l’évasion fiscale, selon l’ONG Tax Justice Network ; chaque année, l’évasion fiscale lui coûte 17 milliards d’euros, soit l’équivalent du salaire annuel de 500 000 soignants.(...)

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Journal RESO N° 206
Septembre 2021

Au sommaire ce mois-ci

p. 1 et 2 : L’édito / p. 2 : lnternational / p. 3 à 6 : Place au débat : rupture de la Sécu ou reconquête ? / p. 7 : Actu sociale : 5 octobre communiqué intersyndical / p. 8 : Coup de gueule : bravo l’artiste mais pas merci !

L’édito de Marinette Bache

Voici donc la dernière trouvaille de Macron : permettre de donner des pourboires par carte bancaire. Il est sûr que cela va régler le manque de personnel dans le secteur de la restauration ! Et les médias - dont on hésite à les qualifier d’imbéciles ou de lèche-bottes (les 2 mon capitaine) - de reprendre ce formidable scoop à chaque édition de leur journal… Est-il utile de faire remarquer que cette (chiche, probablement très chiche quand elle ne sera pas nulle) augmentation pour les salariés concernés ne devra rien au patron, ne sera pas assujettie à cotisation (donc pas de salaire différé) ?

Quant à son efficacité, il est permis de douter. Par contre cela est un nouveau coin mis dans le principe des cotisations sociales, histoire de bien nous mettre dans la tête que « la sécu » coûte trop cher … aux patrons. Autre sacré coup de griffe dans notre modèle social : le statut dérogatoire accordé à 50 écoles, permettant aux directeurs de choisir les enseignants en fonction d’un projet pédagogique « adapté aux élèves ». Le « coup de gueule » de Flora Michel vous en dira plus. Soulignons tout de suite que cette décision tourne le dos à l’école républicaine de diverses manières : en cassant le statut unique des enseignants (la fonction publique est bien sûr en ligne de mire), en cessant d’offrir et de s’organiser pour assurer à l’ensemble des petits écoliers puis des collégiens et des lycéens l’accès à un même enseignement. On voit déjà dans certaines de nos grandes villes que l’enseignement dans les collèges et lycées des quartiers favorisés et des quartiers populaires n’est pas de la même exigence. Qu’en sera-t-il avec l’application de ce statut particulier ? Un recrutement à la tête du client et non basé sur les diplômes et concours pour les profs, un programme tout autant à la tête du client pour les élèves, c’est un grand pas vers l’école privée et le « chèque école » auquel certains rêvent.

Et pendant ce temps la crise sanitaire qui a servi de prétexte pour revenir sur les droits acquis des salariés, permet aux financiers de s’enrichir. C’est le cas de groupes pharmaceutiques tels Pfizer et Moderna qui ont profité de leur négociation avec l’Union Européenne pour augmenter - de 25% ! - le prix de leurs vaccins. L’ONG Oxfam rappelle que Pfizer, BioNTech et Moderna auraient facturé aux gouvernements jusqu’à 41 milliards de dollars de plus que le coût de production estimé des vaccins. Résistance sociale fait partie du collectif qui demande la levée des brevets et vous appelle à le rejoindre. (...)

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Communiqué inter syndical du 30 août 2021

Le 5 octobre, mobilisé-es pour nos salaires, nos emplois et nos conditions de travail et d’études !

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Per Thierry Deronne - Journal RESO N) 208 - Novembre 2021
Par Laurent Brun - Journal RESO n° 208 - Novembre 2021
Par Jean-Claude Chailley - Journal RESO n° 208 - Novembre 2021
Par Hélène Lepont, ingénieure
Par Claude NICOLET
Par Sabine VAN-HEGHE Sénatrice du Pas-de-Calais
Par Jean-Claude CHAILLEY
Journal RESO n° 206 - Septembre 2021
Journal RESO n° 206 - Septembre 2021
Journal RESO n° 206 - Septembre 2021
Journal RESO n° 206 - Septembre 2021
Journal RESO n° 206 - Septembre 2021
Par Flora MICHEL - Journal RESO n° 206 - Septembre 2021
Par Jean-Claude CHAILLEY - Journal RESO n° 206 - Septembre 2021
Par Pierre-Yves MESCOFF
Par Hugo PROD’HOMME
coup de gueule : Par Denis COLLIN
Par Jean-Claude CHAILLEY-Journal RESO n° 205 – JUILLET AOUT 2021
journal Réso n° 204 – JUIN 2021

REsistance SOciale
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Présidente de RESO
et directrice de la
publication :
Marinette BACHE