Journal Resistance Sociale n° 201
Mars 2021

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 et 2 : L’édito / p. 2 : lnternational / p.3 à 6 : Place au débat (Le chômage) / p.6 et 7 : Commémoration (150 ans de la Commune de Paris) / p.8 : Coup de gueule

L’édito de Marinette Bache

Rien ne change. Tout s’accélère.

C’est ce qui ressort d’une année de crise sanitaire.

Le grand patronat financier n’a, en rien, à se plaindre de la crise du covid qui paralyse notre pays. Bien au contraire : leurs bénéfices explosent et le taux des dividendes est excellent. Sanofi vient de distribuer 4 milliards d’euros à ses actionnaires. Et selon les infos, Bernard Arnaud, le super milliardaire français, vient de doubler sa fortune en un an. Cela va tranquillement continuer puisque le gouvernement annonce de nouvelles baisses des impôts pour les entreprises et des facilités pour que « les plus riches » leur prêtent -charitablement mais pas sans intérêts- de l’argent plus facilement et avec un bon retour sur investissement. Pendant ce temps le gouvernement a décidé que le financement du chômage partiel -8 millions de salariés mis au chômage forcé- serait « socialisé ». On ne peut contester cette décision, mais là où le bât blesse, c’est que le décideur n’est pas le payeur ! Alors qui paie ? Mais l’URSSAF bien sûr… c’est-à-dire l’argent des salariés, pas le budget national et surtout pas le patronat.

Pendant qu’on s’inquiète de l’impact de la crise sanitaire sur les patrons, le chômage, le chômage « ordinaire », explose sans faire la une des journaux (+20% en Ile-de-France qui n’est pourtant pas la région la plus en difficulté). C’est le moment choisi par le gouvernement pour mettre en pratique une réforme de l’assurance chômage qui apportera un peu plus de misère à ceux qui vivent déjà dans la pauvreté. Pas de coup de pouce non plus pour le SMIC ou les minima sociaux, un million de demandes supplémentaires d’aide alimentaire, voici où en sont nos compatriotes.

Sans compter que Macron relance la casse des retraites par répartition qu’il avait pourtant, il y a une dizaine de mois, dit vouloir mettre sous le boisseau. Ceux qui y ont cru vont à nouveau être déçus ! A l’autre bout de l’échelle des âges, les étudiants qui vivent déjà des conditions d’études particulièrement stressantes, traversent, pour les plus défavorisés, de graves difficultés financières. La ministre de l’enseignement supérieur a d’ailleurs reconnu officiellement devant le sénat que le nombre de suicides chez les étudiants devenait préoccupant.

Macron prépare l’avenir… de ses amis en renforçant les privatisations (cf le projet Hercule à EdF) et en pérennisant les atteintes au droit du travail grâce à la prolongation de l’état d’urgence sanitaire.

Il prépare aussi l’avenir par une gestion incohérente de la pandémie : confinements, déconfinements, couvre-feu à 18h en zones rurales mais entassement quotidien dans le métro, fermetures de tous les établissements culturels -qui s’étaient organisés au moins aussi bien que les lieux de travail-, fermetures des bars et des restaurants -qui jettent dans la précarité employés et restaurateurs ou cafetiers-… Par contre, pour ce qui concerne le seul vrai moyen d’endiguer cette épidémie, la vaccination, les vaccins arrivent au compte-goutte, Macron se pliant aux exigences européennes, en fait allemandes. Ne parlons pas du résultat des politiques françaises d’abandon de la recherche : Sanofi ne s’illustre pas ; son vaccin en collaboration avec Pasteur et l’anglais GSK ne devrait pas voir le jour avant la fin 2021. (...)

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Hôpital Hôtel-Dieu de Paris Centres de Rétention Administrative Syndicats CGT et MICT-CGT - Hôtel-Dieu
Communiqué de presse
C’EST POSSIBLE ! 80 à 100 lits à l’Hôtel-Dieu au centre de Paris pour accueillir les patients
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APPEL DES SYNDICATS CGT ET FO de l’AP-HP

ASSEMBLEE de militants et de délégations d’établissements du Jeudi 18 mars à 9h30 Salle Croizat à la Bourse du Travail

Cela fait un an que les personnels hospitaliers font face à la pandémie et maintiennent à flot le service public hospitalier.

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Déclaration publique de la CGT

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Journal Resistance Sociale n° 200
Février 2021

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 et 2 : L’édito / p. 2 : lnternational / p.3 à 6 : Place au débat (Le médicament) / p.7 : Actualité sociale (construction navale - Projet Hercule) / p.8 : Coup de gueule / Avez-vous remarqué ?

L’édito de Marinette Bache

La vie des Français est rythmée depuis presque un an par les exigences liées à la crise du covid… et à la manière dont le gouvernement la gère. Beaucoup sont lassés, inquiets pour ne pas dire exaspérés. Mais il n’est pas sûr que cet état d’esprit ne soit dû qu’à la crise sanitaire. Voici pratiquement 40 ans que nous vivons sous l’idéologie du libéralisme qui a reçu en ces 4 décennies divers épithètes : du libéralisme dit « social » à « l’ultra » libéralisme.

Mais, direz-vous, la gauche a, pendant cette période, occupé plusieurs fois la tête de l’Etat ! En effet, les élections se sont succédées et ont vu s’installer une forme d’alternance, une alternance partidaire… mais ni économique et sociale ni politique. 1981 avait vu se lever un véritable espoir ; il a été rapidement déçu lorsque le gouvernement de François Mitterrand a décidé d’ouvrir une « parenthèse » qui n’a jamais été refermée, qu’on n‘a jamais cherché à refermer. Dès 83, c’est le tournant de la rigueur où, comme le chante Jean Ferrat, il devient commun de penser que « les idées archaïques ne feront qu’aggraver la crise économique ». « Archaïques » égalent « solidaires », égalent « justes », égalent « volontaristes »… Les élections qui ont suivi ont toujours répondu au même souhait des Français : sortir les sortants. Ce n’est certes pas l’adhésion à un projet politique ; c’est cependant un signe fort que les politiques qui dirigeaient la gauche de l’époque n’ont jamais voulu voir : le rejet de la politique menée. Les Français ne se sont pas laissés abuser bien longtemps par cette gauche qui, à la fois, les abandonne et s’abandonne elle-même : c’est la montée de l’abstention et l’apparition du FN dans le paysage électoral.

Il faut dire qu’au nom de la « modernisation », on a tourné le dos aux valeurs de la gauche, pire à la gauche, à son électorat naturel, à ceux qui gagnent leur vie par leur travail, au peuple. On a mené une politique - c’est normal pour la droite, c’est incompréhensible lorsqu’on se réclame du socialisme - au service du patronat, devenu essentiellement financier. Délocalisations, hausse du chômage, baisse des salaires, attaques contre les droits des salariés, contre la sécurité de l’emploi
- présentée comme une « entrave » à l’économie -, contre la sécurité sociale
- dont on oublie qu’elle n’appartient qu’aux travailleurs -, privatisations des principaux outils de production, suppression ou/et casse des services publics, appauvrissement de la fonction publique, indigence des retraites et des diverses allocations, paupérisation des moyens de l’Etat au service de l’égalité des Hommes et des territoires,… ont été la marque de lois successives. Toutes ont été contestées, ont fait l’objet de manifestations et de grèves. Toutes, cependant, ont été votées par des majorités discréditées mais aux ordres.

A l’exception de l’expérience, bien courte, du Front de gauche, cette politique n’a jamais fait l’objet d’une remise en cause globale et réelle. La pandémie est l’occasion pour ce gouvernement d’amplifier ce mouvement. De nouveau les droits des salariés sont mis en cause, amoindris ou supprimés au prétexte de la situation d’exception que nous vivons. « L’après ne sera pas comme l’avant » avait dit Macron. Bien peu sans doute avaient pu croire que cette déclaration augurait des jours meilleurs. Aujourd’hui chacun peut voir qu’il s’agit seulement d’amplifier les ravages du libéralisme. (...)

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Par Jean-Claude CHAILLEY - Journal RESO n° 201, mars 2021
Par Michel JALLAMION, président de la Convergence de Défense et de Développement des Services Publics (journal RESO n° 201, mars 2021)
Résistance sociale est membre du collectif des signataires de cet appel, publié dans le journal RESO n° 200 de février 2021
Par Françoise DAL - Journal RESO n° 200, février 2021
Par Jean-Claude CHAILLEY - Journal RESO n° 200, février 2021
DÉFENDONS NOS DROITS SOCIAUX ET NOS LIBERTÉS DÉMOCRATIQUES !
SYNDICAT FORCE OUVRIERE AP-HP
Publiées dans le n° 199 du journal RESO
Par Béatrice DURAND - Journal RESO n° 199, janvier 2021
Par Jean-Claude CHAILLEY - Journal RESO n° 199, janvier 2021
Actualité internationale publiée dans le n° 199 du journal RESO (janvier 2021)
Actualité internationale publiée dans le n° 199 du journal RESO (janvier 2021)
Actualité internationale publiée dans le n° 199 du journal RESO (janvier 2021)
Janvier 2021
Déclaration publiée dans le journal RESO n° 198, décembre 2020
Publiées dans le journal RESO n° 198, décembre 2020
Edito de Marinette Bache, journal RESO n° 198 - Décembre 2020
Par Jean-Claude CHAILLEY - Journal RESO n° 198, décembre 2020

REsistance SOciale
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Marinette BACHE