

DURALEX : Suite…, par Marie Berthommier
Duralex SCOP SA avait été créée en juillet 2024. Rapidement, le patronat a essayé de lui mettre des bâtons dans les roues ; il est par exemple de notoriété publique que la grande distribution a refusé d’exposer ses productions et que Duralex Scop a dû se centrer sur la vente par correspondance.
Le 3 novembre 2025, Duralex avait lancé une souscription auprès de particuliers via une plateforme de crowdfunding afin de trouver les 5 millions d’euros nécessaires à sa survie. Les Français sont tellement attachés à cette entreprise que les fonds sont récoltés en quelques heures.
En mai 2026, en raison d’une situation de trésorerie « tendue », selon le ministère des Finances, un audit est effectué et la Scop est placée en redressement judiciaire en juin 2026.
Le plan de cession de l’entreprise est lancé, les candidats au rachat ont jusqu’au 6 août 2026 -date repoussée au 11 septembre- pour faire acte de candidature auprès du tribunal de commerce d’Orléans.
3 repreneurs se sont présentés. Le groupe stéphanois Carlesimo qui était déjà sur les rangs en 2024 lors du précédent redressement judiciaire. Le 2ème projet est celui de la holding Tomé. L’entreprise française a déjà racheté Tupperware France en 2025. Les deux repreneurs français prévoient la reconstruction du four et une valorisation de la marque toujours sur le même site. Ils ont présenté leurs projets devant les membres du comité social ce jeudi 10 septembre.
La 3e offre de reprise émane d’une société hongkongaise, AA Investments, absente lors de la présentation devant le CSE. AA Investments ne garderait que trois salariés au total sur les 243. Les syndicalistes écartent d’emblée la proposition de la société chinoise. "Ils veulent juste racheter la marque et le savoir-faire" indique le délégué CGT.
Suite dans les prochaines semaines.
Selon « Les Echos » :
« La BCE monte ses taux pour défendre sa crédibilité face à l’inflation »
2 points de vue des experts sur cette décision très controversée
• « Ils pointent les risques pour une croissance européenne déjà molle, d’un durcissement des conditions de crédit. De quoi freiner encore plus les dépenses des ménages et les investissements d’entreprises déjà touchées par la crise du pétrole et du gaz ». C’est l’opinion majoritaire
• « Tant qu’il n’y aura pas de risque de récession, les marchés seront davantage préoccupés par la persistance de l’inflation que par la dynamique de croissance », estiment néanmoins les stratèges taux d’ING. A l’inverse, selon eux « une trop grande focalisation de la BCE sur les craintes pour la croissance risquerait d’augmenter les anticipations d’inflation. »
Ce que Les Echos ne disent pas c’est la véritable raison
L’inflation est liée à la guerre contre l’Iran, aux sanctions contre la Russie, à l’explosion vers 3,5 % puis 5 % du PIB des budgets militaires, aux conséquences sur la dette et la charge de la dette.
Elle n’est pas due à une prétendue boucle prix - salaires
Pour les salariés, retaités, chômeurs, c’est la triple peine :
La vie est de plus en plus chère.
En réduisant l’activité l’augmentation des couts directeurs va faire pression sur les salaires (qui ne suivent déjà pas l’inflation), augmenter les licenciements
- La pression pour couper sur les budgets 2026 et 2027, protection sociale et services publics, va s’accentuer. Nombre d’économistes, même libéraux, considèrent qu’il n’y a aucune boucle prix – salaires, donc que s’en prendre davantage à l’activité, aux salaires, est une nouvelle erreur stratégique de la BCE
C’est un choix politique.
Quelques remarques suite à l’interview de Lescure, ministre du budget, sur BFM
* Dette publique de la France : Geler une partie de la dette serait n’importe quoi (noter que le gel de la partie de la dette publique détenue par la BCE est proposée par beaucoup, sachant que payer les intérêts sur les plus de 80 % de dette détenue par les investisseurs privés n’est pas en débat)
* Désindexer partiellement les retraités « aisés ». Ce qu’est un retraité « aisé » fera l’objet du débat parlementaire. (Le « dialogue social », les syndicats, on s’en moque. Totalement absents de l’interview)
* Les franchises c’est pour ceux qui consomment trop ( !), laissant entendre qu’il peut y avoir de nouvelles mesures * On dépense beaucoup trop en santé
* Il voudrait bien baisser la surtaxe sur les grandes entreprises
* Pas un mot sur le « quoiqu’il en coute » des dépenses militaires (les dépenses européennes, supposées être des prêts, ne sont pas comptabilisées dans les budgets nationaux, pour l’instant du moins)
* Il peut y avoir de nouvelles mesures pour 2026 (en plus des multiples mesures « d’économies « déjà imposées après l’adoption du budget 2026, dont on se demande en quoi il engage)
=> Pas d’alternative… on s’en doutait !