

La direction du groupe Bosch a décidé de fermer l’usine de Moulins-Yzeure dans l’Allier
L’emploi de 270 salariés est en cause. C’est aussi tout un territoire qui qui risque de mourir à petit feu, au nom de la rentabilité.
Car comme à chaque fois, cette décision brutale impacte durement non seulement 270 familles et fait perdre des savoirs industriels, mais met en difficulté tout une région déjà fragilisée par de nombreuses fermetures (3000 emplois industriels -Erasteel, Brea System, Adisseo, AMIS…- supprimés en 20 ans).
L’État est responsable de son laissez-faire et la direction du groupe à rendre des comptes : l’entreprise a bénéficié d’aides publiques, d’exonérations fiscales et du soutien des collectivités locales .
C’est le rôle de l’Etat de défendre les salariés, de garantir leurs droits et de travailler à ouvrir de nouvelles perspectives pour l’avenir du site et plus généralement de l’emploi industriel dans le département.
Le groupe d’électroménager Brandt a été placé en liquidation judiciaire par le tribunal des activités économiques de Nanterre en décembre dernier
Cette décision est un coup très dur porté à l’industrie française et un traumatisme pour la région Centre avec les 700 emplois ainsi supprimés.
C’est aussi une grave défaite de plus pour l’industrie en France ; c’est aussi la confirmation de l’impasse économique de décennies de politiques de désindustrialisation. Brandt est un symbole de la production dans notre pays. Brandt, c’est :
• un siècle de savoir-faire industriel français, • 98 % de la production de cuisson réalisée en France, • un acteur stratégique pour notre souveraineté industrielle.
Un projet de Société Coopérative et Participative (SCOP), soutenu par le groupe Revive, avait été déposé une semaine avant cette décision. Il aurait permis de sauver au moins 370 emplois. L’offre avait reçu un large soutien des pouvoirs publics et était soutenue par une majorité de salariés. Elle n’a pas été jugée suffisamment pertinente par ce tribunal. Et pourtant, la SCOP Brandt aurait pu vivre. Ce sont les salariés qui détenaient le projet industriel le plus solide.
La liquidation de Brandt n’est pas une fatalité économique : c’est le résultat d’un système qui préfère la concurrence au bien commun, et l’impuissance publique à la souveraineté nationale.
Quand on fait la somme de tous les soutiens (l’Etat à hauteur de 5 millions d’euros, région Centre environ 7 millions d’euros, tout comme la métropole d’Orléans.), c’est à près de 20 millions d’euros d’engagements publics qui auraient été prêts à être consacrés au « redémarrage » de deux usines d’Orléans et de Vendôme. Cet engagement des partenaires publics n’a pas été jugé « suffisant » par le tribunal de Nanterre. Evidemment les banques n’ont pas suivi. Notons que Brandt, propriété depuis 2014 du groupe algérien Cevital, réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires.
« Non, c’est non Monsieur Duplomb ! » : Loi Duplomb : sept mois après, la pétition record sur l’agriculture enfin débattue à l’Assemblée nationale ; un débat, hélas, non contraignant.
Le Sénateur Duplomb avait entrepris par sa proposition de loi de réintroduire l’acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes. Se réclamant de « l’urgence agricole » et sous la pression de la FNSEA, -et l’opposition de la Confédération paysanne et du MODEF- il s’agit « d’un retour en arrière dangereux qui ignore les alertes scientifiques et la volonté citoyenne », selon le site de l’Assemblée nationale où se trouve la pétition contre cette réintroduction qui rassemble 2,1 millions de Français qui ont, par leur signature, ainsi manifesté leur opposition à la loi
Reprenons les avertissements recensés par la pétition qui détaille les graves dommages que produirait la réintroduction du pesticide. « Impact Neurotoxique : Comme tous les néonicotinoïdes, cette molécule agit sur le système nerveux central des pollinisateurs, entraînant leur mort et l’effondrement de la biodiversité. Santé Humaine : Des études pointent des risques de perturbation du développement cérébral, particulièrement chez les fœtus et les jeunes enfants. Persistance : Ces produits ne s’arrêtent pas à la cible ; ils contaminent durablement les nappes phréatiques et l’ensemble de la chaîne alimentaire. » et « Nous ne consentons pas à ce que notre santé soit mise en balance avec des intérêts productivistes à court terme, peut-on lire. Nous ne consentons pas à l’empoisonnement silencieux de nos sols et de notre eau ».
Le mercredi 11 février, l’Assemblée nationale a ainsi été le lieu d’un débat non contraignant, mais très attendu.