

A Poissy, la direction s’organise pour vider l’usine.
L’usine de Poissy (78) s’est appelée Simca, puis Chrysler puis Talbot puis Peugeot, puis PSA-Peugeot-Citroën, puis Groupe PSA. Enfin, en janvier 2021, le Groupe PSA fusionne avec le groupe Fiat Chrysler Automobiles et le centre de Poissy prend le nom de Stellantis (comme celui de Carrières-sous-Poissy). La direction vient d’imposer plusieurs semaines d’arrêt de travail au prétexte d’un nécessaire déménagement de certains équipements, arrêt augmenté d’une semaine parce que l’usine ne vendrait pas assez de voitures. Etrange puisqu’à Poissy on assemble les DS 3 Crossback et Opel Mokka et qu’il y a une forte demande pour ces dernières particulièrement en Allemagne et au Royaume-Uni et que l’avenir du SUV d’Opel est assuré au moins jusqu’en 2029. Ce qui rassure certains syndicats tandis que d’autres posent la question : « Et après ? »
Beaucoup de salariés pensent que Stellantis va profiter de l’intervalle pour vider petit à petit l’usine. Et, à bien y regarder, ils n’ont pas tort. Il semble bien que Stellantis a déjà lâché Poissy.
Le marché qui rapporte le plus est celui des États-Unis. Stellandis a donc annoncé 13 milliards de dollars pour dixit « l’investissement le plus important de l’histoire de l’entreprise aux États-Unis au bénéfice de tous les sites d’assemblage américains ». En avril, Stellantis avait annoncé que la Citroën C3, l’une des meilleures ventes du constructeurs, sera prochainement fabriquée en Serbie. Enfin le site de Kenitra, au Maroc, va devenir gigantesque :on y construira la nouvelle Smart-Cat avec un doublement de la capacité de production (passant à 400000 véhicules par an). Et en Slovaquie, le site produit 7 jours sur 7, 2’ heures sur 24. Ca ne va pas si mal que ça pour Stellantis. Mais pour la France, c’est terminé.
Evolutions de salaire : cet intéressant graphique les compare en Europe (et aux Etats-Unis) en 10 ans, du 1er semestre 2015 au 2ème semestre 2025 ; plus révélateur qu’un long discours !
