Journal RESO n° 252
Novembre 2025
Mis en ligne le 20 novembre 2025

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 : L’édito / p.2 : Actualité sociale : les associations en mode survie ? ; les découverts bancaires / p.3 à 6 : Place au débat : les faces cachées de la « dose » de capitalisation / p.6 : Les bras m’en tombent : des fonctionnaires pas si inutiles que ça / p.7 : Brèves sociales / p.8 : Coup de gueule : les retraités : des nantis dans le collimateur du gouvernement ; les grands patrons et les ultra-riches : des protégés avec l’argent public.

L’édito de Pierre Kerdraon

En cette mi-novembre une question est sur toutes les lèvres : y aura-t-il un budget en décembre ? Ne comptez pas sur moi pour y répondre. Une chose est sûre : les délais constitutionnels pour le vote d’un budget par le parlement rendent difficile l’exercice cette année d’autant que l’Assemblée Nationale et le Sénat ne sont pas d’accord et que Sébastien Lecornu s’est engagé à ne pas utiliser l’article 49-3 de la constitution. Les concessions timides faites par le gouvernement dans l’espoir d’obtenir au moins l’abstention du Parti Socialiste vont vraisemblablement être rejetées par les sénateurs. Il en va du report de l’allongement de l’âge de la retraite pour certaines tranches d’âge mais aussi du vote de nouvelles taxes sur les entreprises et les ménages les plus riches.

Parions aussi que les sénateurs seront favorables aux propositions gouvernementales visant à augmenter les franchises médicales et qu’ils tenteront à nouveau de supprimer l’aide médicale d’état ou tout au moins de la restreindre fortement. Si les choses vont au bout, pas sûr que le texte qui sortira de la commission mixte paritaire soit voté par l’Assemblée nationale.

Une chose est sûre : que le gouvernement soit contraint de recourir à une loi spéciale ou de passer par des ordonnances, cela coûtera cher à l’Etat et aux Français.

L’hypothèse d’une censure du gouvernement est toujours bien réelle mais celle d’une dissolution d’ici la fin de l’année semble en revanche improbable. Cela obligerait nos compatriotes à voter pendant les fêtes de fin d’année compte tenu des délais contraints.

Tout cela parce qu’Emmanuel Macron a refusé de reconnaître le vote des Français en juin 2024 et de nommer un Premier ministre de gauche, ce qu’il peut encore faire si Lecornu tombe.

Les chefs d’entreprise qui supplient le gouvernement de continuer la politique de l’offre sont à côté de la plaque. Car c’est cette politique qui explique la situation budgétaire dans laquelle se trouve notre pays. Les calinothérapies de Macron et Lecornu envers les chefs d’entreprise ressemblent aux soutiens apportés par une partie de la cour de Louis XVI envers la noblesse à la veille de la Révolution.

Si on veut éviter le chaos il n’y a pas d’autre solution que d’exiger des actionnaires et des plus riches qu’ils participent au financement de la nation au même niveau que l’ensemble des Français. Ce n’est pas seulement une question de justice sociale. Il y va aussi du maintien de la cohésion nationale. C’est cela qu’attendent les Français d’un Président de la République et d’un gouvernement. Leur faible score dans les sondages illustre la défiance dont ils font l’objet. Si le risque d’une victoire du Rassemblement national n’était pas si réel, la solution la plus évidente serait la démission de Macron afin de renouveler le contrat entre la France et ses dirigeants.

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