

Au sommaire ce mois-ci :
p.1 : L’édito p.2 : International : Droits et luttes des femmes dans le monde / Les bras m’en tombent : Trump s’attaque aux services p.3 à 6 : Place au débat : Alternatives à la tronçonneuse p. 6 : Actualité sociale. Avez-vous remarqué ? p. 7 : Brèves sociales : Privatisation du rail ; mortalité infantile ; grandes fortunes et pauvreté p. 8 : Coup de gueule : Mais où sont passés les Duplomb Lajoie ??
Après Barnier, après Bayrou, après Lecornu 1, voici donc Lecornu 2, soit quatre premiers ministres en l’espace d’un peu plus d’un an. Tout cela d’en doutons pas pour effectuer la même politique qui profite aux plus riches. Macron, qui se prenait hier pour Jupiter, se présente aujourd’hui comme un président recroquevillé auprès d’un quarteron de fidèles, refusant obstinément de reconnaitre le résultat des élections législatives de juin 2024. Mais, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on ne voit pas comment Sébastien Lecornu pourrait échapper à la censure même si celle-ci ne se produit qu’au moment du vote du budget et non dès le lendemain de la nomination de son gouvernement.
Certes, il a échappé à cette dernière en promettant la suspension de la réforme des retraites – suspension et non abrogation comme le réclame une très large majorité de nos compatriotes. Toutefois, pour que cette suspension soit effective, il faudrait -de l’aveu même de Lecornu au Sénat- que le budget de la Nation et le PLFSS soient votés, ce qui ne paraît pas une mince affaire tant les dissensions sont fortes entre les députés et entre les députés et les sénateurs. Le gouvernement devra-t-il recourir aux ordonnances pour mettre en place un budget comme le redoutent certains partis de gauche ? Nul ne le sait encore.
Ce qui est sûr c’est que l’absence d’utilisation de l’article 49-3 de la constitution par le gouvernement est censé permettre à la discussion budgétaire d’aller jusqu’à son terme. Cependant qui peut penser que des amendements de suppression de certaines des propositions iniques du budget initial comme le doublement des franchises médicales, l’année blanche fiscale et sociale, la remise en cause de l’abattement de 10% qui profite à tous les retraités, la baisse des dotations aux hôpitaux ou des allocations familiales, auront la moindre chance de passer ?
Ce sera aussi l’occasion de montrer le vrai visage du Rassemblement national qui prétend agir pour le peuple mais s’oppose systématiquement aux mesures ciblant les entreprises et les plus riches. Seule une forte mobilisation sociale pourrait faire réfléchir les députés aujourd’hui soutiens de ce budget de régression. Qu’on l’appelle grève générale ou non, c’est une action dans la durée qui pourrait être en mesure, à la veille des élections, qu’elles soient municipales en mars 2026 ou potentiellement législatives, de changer la donne. Résistance Sociale y prendra sa part.
Je ne voudrais pas terminer cet édito sans rappeler qu’il y a juste 80 ans la Sécurité Sociale voyait le jour grâce à l’action d’Ambroise Croizat, ministre du travail mais aussi des syndicats CGT et FO dans le prolongement des travaux du Conseil National de la Résistance.
Pierre KERDRAON