

Au sommaire ce mois-ci :
p.1 : L’édito / p.2 : International : Italie, Espagne, Portugal / Les bras m’en tombent : Encore un traité de libre-échange / p.3 à 5 : Place au débat : Sortir des crises / p. 6 à 7 : Actualité sociale : Le plan « Bayrou » sur la santé / p. 7 : Brève sociale : Aides aux entreprises / p. 8 : Coup de gueule : A douze on est plus fort ?
L’édito de Pierre KERDRAON
En cette fin d’été qui a parfois des allures d’automne, Bayrou a donc décidé d’abandonner la partie non sans s’être donné un satisfecit sur la politique qu’il a soutenue depuis 2017. Une fois de plus Macron a choisi d’adresser un doigt d’honneur à une large majorité de nos compatriotes en nommant pour le remplacer le plus fidèle de ses soutiens, Sébastien Lecornu. Cette fois c’est un fusil à un coup. Si comme c’est probable Lecornu ne parvient pas à éviter la censure le Président de la République n’aura plus qu’un choix : la dissolution ou la démission.
Les sondages le montrent : une nouvelle dissolution aboutirait vraisemblablement à une Assemblée nationale aussi divisée que l’actuelle et donc ne résoudrait rien. Toujours d’après les sondages, la démission de Macron serait susceptible d’amener au pouvoir Le Pen ou Bardella. Dans tous les cas ce serait les Français qui seraient les grands perdants. Pourtant la mise en œuvre d’une autre politique économique et sociale pour remplacer le macronisme est possible à condition d’analyser justement la situation présente.
Si la France croule sous les déficits ce n’est pas à cause de dépenses exagérées mais en raison de recettes insuffisantes. Que ce soit à travers les réformes conduites sous Hollande ou celles mises en œuvre par Macron et ses gouvernements les cadeaux donnés aux entreprises et aux plus fortunés ont conduit l’Etat à s’appauvrir. La politique de l’offre est censée permettre aux entreprises de mieux vendre leurs produits mais elle aboutit à l’effet inverse en réduisant le pouvoir d’achat de l’immense majorité de nos compatriotes. Jamais le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté n’a été aussi élevé. (.../...)
Dans le même temps, beaucoup de Français ne peuvent plus ni se soigner ni se chauffer correctement en hiver. Les services publics notamment dans les campagnes sont laissés à l’abandon, les prix de l’énergie ne cessent d’augmenter y compris pour les entreprises alors que grâce à l’énergie nucléaire la France aurait les moyens d’être concurrentielle dans ce secteur. Vous l’avez compris : je ne crois pas un instant que le nouveau premier ministre appliquera cette autre politique. Ce n’est pas l’abandon de la suppression de deux jours fériés qui me fera changer d’avis. On peut au contraire s’attendre à de nouvelles attaques sur les chômeurs, à la remise en cause de l’abattement des 10 % pour les retraités avec le soutien de la CFDT, à de nouvelles suppressions de postes de fonctionnaires…
Seul un vaste mouvement de contestation comme celui qui aura peut-être lieu lors de la journée intersyndicale du 18 septembre serait susceptible d’obliger Macron et Lecornu à entendre enfin ce que veulent les Français : plus de pouvoir d’achat, plus de justice sociale et fiscale, une meilleure répartition des richesses et plus globalement que ce soit la majorité qui décide et non une petite minorité de gens riches et de technocrates.